Cabo Polonio, la presque inaccessible.

Mon dernier réveil à Barra de Valizas m’arrache de mon lit à 7h30. Je me suis prévu un emploi du temps assez chargé, puisque j’ai dans l’idée d’aller à Cabo Polonio à pied, visiter, revenir par le même chemin, prendre mon backpack et partir en stop pour La Pedrera. Mais généralement, quand je prévois des choses, ça ne se passe pas exactement de la façon dont je les avais imaginées.. peut être est-ce pour celà que j’ai décidé de partir un an sans rien prévoir!
Après un petit déjeuner complet, je prend la route direction la traversée de la rivière en bateau. Effectivement, Cabo Polonio est un village de pêcheurs, reculé, accessible uniquement à pied ou en 4×4 par les dunes. Parce que j’aime marcher, et par soucis d’économie, j’ai choisi le bateau et la marche. Après 50pesos et une rivière traversée, je pose le pied de l’autre côté de la rive. Me voilà partie pour deux heures de marche en plein désert. Il est 9h du matin, le thermomètre affiche 30 degrés, il n’y a pas un seul coin d’ombre à l’horizon, et pas une brise de vent. En parlant d’horizon.. me voilà plongée dans un décors qui me met plutôt mal a l’aise. Le sable, à perte de vue. Une couleur uniforme, sur des kilomètres.

Tranchant seulement avec le bleu du ciel. C’est beau. C’est terrifiant aussi. Me dire que je n’ai aucun repères ici. Pas l’ombre d’un changement de décors pour m’indiquer la route. Mes poils se dressent, mes yeux sont en alerte, mon corps sur la défensive. Peut-être que cette réaction physique était prémonitoire.. J’ai bien cru ne jamais sortir de cet endroit. Dès les premiers mètres, j’ai senti que cela ne serait pas aisé. Les dunes étaient immenses. Impossible de faire la marche en baskets. Mes tongs s’enfonçaient d’environ 6cm à chaque pas. Mais je ne pouvais marcher sans, le sable me brûlait littéralement les pieds..j’en garde encore des traces, quatre jours après. Il faisait chaud, la sueur ruisselait sur mon visage, entre mes seins, dans le bas de mon dos. La vue était bien sûr à couper le souffle. En haut de la première dune, j’ai eu envie de crier. Parce que premièrement j’avais réussi à la finir, mais aussi parce qu’en haut de ces gros tas de sables, on se sent tout puissant. Mes yeux se posaient sur la ville en contrebas, sur la rivière qui ressemblait à un ruisseau, sur les tâches qui symbolisaient les gens sur la plage.

Le monde est si petit, vu d’un peu plus haut. Cela m’a arraché un sourire, que j’ai vite perdu en me retournant. Mon itinéraire à moi n’affichait que sable, sable, et encore sable.. Après une gorgée d’eau déjà chaude, j’ai pris mon courage a deux mains et suis partie m’enfoncer dans ce labyrinthe.. Malheureusement pour moi, j’ai dévié, et après 45min de marche, en regardant sur ma carte, je me suis rendue compte que j’avais effectué 400mètres du trajet initial..il m’en restait donc encore 7,6 kilomètres.. Même si en écrivant ces lignes, j’en souris, je vous assure que c’était pas le cas sur le moment! Mon planning venait de prendre un coup, et mon moral encore plus.. j’en pouvais plus, de ce sable, de ce soleil, de ces herbes qui me coupaient les mollets, de ces choses qui s’enfonçaient dans mes pieds. J’ai voulu renoncer, j’ai voulu faire demi tour, mais je suis plutôt du genre têtue, et je ne me suis pas écoutée. Le point positif au fait que je me sois perdue, a été que je suis tombée sur un petit lac en plein milieu du désert.

Avec ses roseaux, ses grenouilles et ses canards! Un peu de réconfort pour les yeux et le cœur.. Au cours de ma marche, j’ai vu plus d’animaux morts, que vivants. Des centaines de scarabées littéralement cuits, des papillons carbonisés, des oiseaux asséchés. M’est venue une pensée assez déconcertante.. si ces animaux, habitués à ce climat et à ces lieux, y mourraient, qu’en serait-il de moi si je me perdais en route? Personne ne me trouverai ici, et j’aurai vite fait de brûler au soleil.. le joie dans ma tête, je vous dis! Puis une autre pensée plus amusante.. on devrait y mettre les gens fous, qui font du mal aux autres ou à la planète. Je pensais bien sûr à nos représentants, français, états uniens ou encore russes.. seraient-ils aussi désemparés que moi face à la puissance de la nature? J’ai compris ce jour là qu’on avait beau tout faire pour la détruire, nous Humains, c’est elle qui a le choix de vie ou de mort pour chacun de ses occupants.. Après plus de deux heures d’effort, j’ai enfin aperçu la plage, et au loin, Cabo Polonio. J’ai aussi constaté encore une fois le côté terrifiant de Mère Nature.. moi qui m’extasiais devant ses beautés, j’ai été forcée de reconnaître ses horreurs ce jour-là. Après les scarabées et autres animaux grillés, me voilà face à une dizaine de cadavres de phoques.. je saurai maintenant reconnaître les yeux fermés l’odeur infâme de leur corps en décomposition.

L’idée de me baigner pour me rafraîchir m’a tout de suite moins emballée! Mais j’avais besoin d’eau, de frais, d’une pause. Je me suis éloignée des cadavres, et ait plongé dans l’océan, ma bouteille d’eau dans la main! Oui, quand on a pas de moyens, on a des idées! 5minutes dans l’océan ont suffit à mes 600 ml d’eau potable pour passer de bouillant à très frais! Une douceur pour ma gorge. Autre moment de beau parmis les ténèbres de cette journée, a été la présence d’un nombre incroyable de libellules! Des centaines de libellules m’encerclaient pendant ma baignade. Elles s’accrochaient à mes cheveux, à mes bras, à mon maillot de bain. Leur couleur luisaient avec l’éclat du soleil. Elles jouaient avec les vagues. Volaient au plus près de l’eau.. et pour la plupart finissaient noyées. C’est la journée où j’ai vu le plus de cadavres de toute ma courte vie! J’ai terminé les derniers kilomètres les pieds dans l’eau, direction cette ville dont tout le monde parle. Le village en soi est très impressionnant de part son authenticité.. et son éloignement de tout. Cabo Polonio n’abrite que pêcheurs et touristes. Il n’y a pas de rues, mais plutôt des maisons posées ça et là dans les près, sans alignement.

L’eau potable et l’électricité n’y sont pas vraiment..du moins à ce qu’on m’a dit. L’ombre non plus.. à mon plus grand regret. Je suis allée voir ce ravissant phare, point de repère des marins.. mais aussi des Chloé perdues dans le désert! Des phoques, en vie cette fois-ci, se prélassaient au soleil sur les rochers.. meilleur moment de ma journée. Je me suis assise là, à 300 mètres d’eux, et je les ai regardé vivre leur vie avec insouciance. Ils plongeaient, jouaient ensemble, dormaient.. quel joli moment !

J’ai ensuite cherché une superette, et je suis ressortie avec un Fanta, mon corps avait besoin de sucre, et de fraîcheur. J’étais en surchauffe interne, malgré la casquette et l’eau bue au cours de ma marche, je sentais mes jambes chancelantes, et mon cerveau sur le point d’imploser. C’était une nécessité de trouver de l’ombre, ou je serai dans l’incapacité de refaire le chemin inverse pour rentrer.. Un banc dans une gare abandonnée a fait l’affaire, et même si j’avais un chrono à respecter, il m’a fallu deux heures à l’ombre pour faire redescendre ma température interne. De la folie pure, ce désert. Bien décidée à profiter de la proximité de l’océan, je suis allée me baigner une dernière fois, avec ma seconde bouteille d’eau. J’ai remarqué à cet instant que le soleil ne m’avait pas épargné non plus.. je n’étais même pas rouge, j’étais cramoisie. Comme une belle tomate qui éclate si on la prend en main un peu trop fort. Je me suis appropriée le seul coin d’ombre de la plage.. sous la coque d’un bateau abandonné.

J’ai lâché prise, et me suis endormie sans m’en rendre compte. A 16heures, j’ai décidé qu’il était temps de repartir. J’aurai aimé attendre la fraîcheur de la tombée du jour, mais le dernier bateau pour me récupérer sur la rive opposée était à 19heures, je n’avais donc pas intérêt à traîner! Je me suis blanchie de crème solaire, j’ai remis ma casquette, et c’est reparti! Je me dis que ça ne peut pas être pire que ce matin, et je repars le moral en hausse, prête à en découdre avec ce bac à sable! J’avais tord. Tout peut toujours être pire, sachez le !
A peine partie, un orage a éclaté. Pas juste un mignon petit orage qui passe en cinq minutes. Plutôt une mini tempête. La pluie était tellement secouée par le vent, qu’elle me fouettait les jambes et le visage à en grimacer de douleur! Je n’avais rien pour me couvrir, à part mon écharpe-paréo-serviette, que j’ai enfilé sur mes épaules.. comme si cela me protégeait.. Je n’avais pas le choix que de continuer, il fallait que j’arrive au bateau avant 19heures. Il fallait que je récupère mon backpack.. et surtout, surtout, je n’avais pas envie de passer la nuit dans le désert! J’ai donc marché, sous la pluie battante. Je me battais contre le vent, qui m’empêchait d’avancer grâce à sa force.

Le ciel était noir. Il tonnait de toutes ses forces, comme pour me prévenir de l’arrivée imminente d’une plus grande pluie. J’ai marché une heure, comme cela. Cette fois-ci, ce n’est pas la sueur qui ruisselait, mais bien la pluie. Ma casquette faisait gouttière. Mes vêtements étaient pires qu’à la sortie d’une machine. Et comme si celà n’était pas suffisant, le vent m’envoyait le sable en plein visage. Je pense que du sable est entré par absolument tous mes orifices, ce jour-là. Le vent avait la fâcheuse habitude de changer l’aspect des dunes. En quelques minutes, mon décors variait.. encore et toujours! Comment ne pas faire pour ne pas dévier?! J’avais beau avancer toujours tout droit, tout droit ne veut rien dire dans un désert sans routes. Le seul point positif au vent, et qu’il rafraîchissait mes coups de soleil.
Je m’enfonçais, parfois dans le sable, parfois dans la vase. J’en ai clairement eu ma claque, et pour la première fois de ma vie, je me suis surprise à hurler. Hurler face au vent. Hurler d’incompréhension. Hurler de peur, aussi. Comme si quelqu’un m’avait entendu, la lumière est revenue, le vent est tombé, la pluie s’est arrêtée.. J’ai failli pleurer de soulagement. Puis j’ai compris que la nature se jouait de moi aujourd’hui. Quand ce n’étaient pas les éléments, c’était les animaux.. pendant ce seul quart d’heure sans pluie, un couple d’oiseaux m’a attaqué. La vraie attaque, qui nous fait courir. Ils volaient au dessus de moi tels des rapaces, poussaient de cris d’avertissement et sans crier gare, fondaient sur moi à la vitesse de l’éclair, chacun leur tour! La seule raison qui les faisaient dévier à 30cm de mon visage, c’était parce que je criais aussi. Ces attaques ont persisté 5bonnes minutes.. le temps que je m’éloigne de leur nid, je pense. J’ai pris ma respiration, une gorgée d’eau et un peu de courage dans une pause de quelques secondes. Il me restait une heure de marche. Je me suis remise à marcher, profitant de la fin de la pluie pour essorer mes vêtements. J’aurai mieux fait de m’abstenir, puisque l’orage est réapparu quelques minutes après.. C’est donc sous la pluie que j’ai terminé ce trek. Le bateau est venu me chercher. Le regard du vieux monsieur hésitait entre l’hilarité et la pitié. Mon regard à moi était vide. J’étais complètement vidée. J’ai décidé sur le tas de reprendre une nuit dans mon hostel. Vous imaginez bien qu’à 19heures, après ce genre de journée, l’envie d’être au bord de la route en stop n’est pas vraiment présente. Je ne rêvais que d’une douche, et d’un lit.
Si j’ai bien retenu une chose de cette journée, c’est que les désert ne sont pas fait pour moi. Je deviendrai folle dans ces étendues de sable. J’ai retenu une autre chose à vrai dire, plus jamais.
Si un jour vous allez en Uruguay, faites moi plaisir, prenez le 4×4 !

De l’espagnol, et des premières fois.

Ce jeudi 24 janvier, je suis arrivée à 7h30 dans la petite ville de Chuì, frontière entre le Brésil et l’Uruguay. Mon voyage en bus depuis Porto Alegre a duré 8h, le bus s’est arrêté au poste brésilien afin qu’on tamponne notre sortie de territoire avant de nous lâcher au centre de Chuì, 4 kilomètres plus loin. Pour mon premier passage de frontière de ma vie, je m’attendais à tout sauf à ce que j’ai vu. J’imaginais que les frontières entre les pays étaient bien définies, avec des murs ou des barbelés.. rien de tout celà à Chuì. Simplement un immense carrefour, où lorsque vous traversez la route, vous vous retrouvez du côté Uruguayen.. cette ville a donc la spécificité d’avoir deux nationalités qui cohabitent, deux langues, deux monnaies et aussi.. deux heures différentes! Qui n’a jamais rêvé de revenir une heure en arrière afin de corriger un geste ou une parole déplacée? Et bien ici, c’est faisable en 20 mètres! Allez du côté brésilien, traversez le passage piéton.. et vous voilà une heure plus tôt qu’il y a 5 minutes! C’est très drôle.. je me suis amusée à traverser la rue une dizaine de fois (oui j’avais du temps à tuer, si je peux me permettre le jeu de mots) ahahah.
Une fois côté uruguayen, j’ai changé mon argent, passant de reals à pesos Uruguayens. Un real vaut environ 0,23 cts d’euros, un pesos uruguayen vaut 0,02 cts d’euros.. Je suis aussi devenue la maîtresse de trois chiens errants. Les rues en sont pleines, et ceux-ci, si tu daignes leur adresser ne serait-ce qu’un regard, t’adoptent pour quelques minutes. En mal d’amour, ils te suivent et s’allongent à tes côtés, attendant qu’un prochain maître de substitution passe devant eux.

Mon argent changé, je me met en quête d’un bus qui pourrait m’amener à Punta del Diablo, première ville étape pour moi. Ce qui est moins drôle avec le changement d’heure, c’est que du coup j’ai dû patienter une heure de plus pour que mon bus arrive.. étant donné que j’avais regardé les horaires brésiliens 😂 Punta del Diablo, c’est un petit village de pêcheurs, passant de 500 à 2500 personnes l’été.. dommage pour moi, je suis en pleine saison touristique! Avec ses maisons colorées et ses chemins en terre, il est typiquement accueillant! Arrivée à l’hostel, le staff m’acceuille en espagnol, je réponds en anglais que je ne comprends pas l’espagnol, elle me demande mon prénom et bloque quand je lui dis Chloé. << – Where do you come from?
-France!
-Ah je me disais aussi, ton prénom m’a interrogée, je suis française aussi! >>
Et bim, trois langues en 2 minutes ! Que c’est bon d’entendre du français! Je patiente deux heures avant de recevoir ma chambre. Assis en face de moi, un jeune homme qui me semble être seul me lance un timide sourire. Je fais de même. La conversation n’ira pas plus loin, je me dis qu’il ne va pas me comprendre. Je découvre qu’il sera dans la même chambre que moi. Et oui pour la première fois, j’ai pris une chambre mixte! Je me présente en anglais et nous échangeons quelques mots. Puis vient l’heure de la plage, j’ai hâte de me rafraîchir après presque 24h de voyage. Vient l’heure aussi de la solitude. Cette solitude tellement appréhendée, de la voyageuse nomade qui change de villes tous les deux jours, ne parle pas espagnol, et n’a pas le temps de nouer des liens.

Le paysage est très différent du Brésil, les arbres ont été remplacés par les dunes de sable, l’eau n’est pas du tout limpide, et très agitée. Le vent souffle sur la côte, et la baignade est repoussée, elle est trop froide pour moi ahah. Après deux heures à la plage, je décide que ce sera assez de solitude pour moi aujourd’hui. Je retrouve la française du staff à mon retour, qui me propose de venir boire le maté avec ses amis. Ils me proposent également un joint, que je décline. Et oui quel changement de façon de vivre, ici en Uruguay, les drogues sont légalisées. Beaucoup de jeunes des pays avoisinants (ou non) viennent en vacances ici pour cela. A la réception de mon hostel, ils proposent même à la vente des magic cookies! J’apprendrai aussi que la nationalité majeure qui vient en Uruguay en vacances est.. israélienne! Je m’étonne, c’est quand même vachement loin! Ils rient et m’expliquent qu’en Israël, après leur deux ans de service militaire, les jeunes ont pas mal d’argent, mais pas beaucoup de droits dans leur pays. Ils migrent donc tous en Uruguay pour dépenser leur solde en drogues et fêtes. Le soir, je décide de faire plus ample connaissance avec mon voisin de lit. Il est l’unique garçon de la chambrée, et n’étant pas très à l’aise avec les filles moi même, je préfère discuter avec lui. Il s’appelle Daniel, vient de Mendoza en Argentine, et a fait un trip dans ce pays pour ses vacances. Nous mangeons ensemble, et décidons même de visiter le parc Santa Teresa le lendemain ensemble. Nous approuvons le fait que nous sommes là pour découvrir et non pour faire la fête. Il faut dire que la majorité des jeunes de l’auberge viennent ici en vacances, dorment ou boivent la journée, se maquillent(pour les filles), mettent des habits de soirées et font la fête le soir. Bien à l’opposé de moi évidemment..

La journée au Parc se soldera par 26 km de marche, et des coups de soleil. Heureusement que Daniel parle anglais, car comme il l’a dit, moi je parle plutôt portugnol ahahah . Que c’est bon de partager une journée de visite avec quelqu’un, et de mettre la solitude de côté quelques heures. Les paysages sont nettement plus appréciés quand on a quelqu’un avec qui les partager, et s’en émerveiller.

Le parc est immense, la végétation est très différente de mon précédent pays. C’est vert, mais sans plus. C’est sec, il y a beaucoup de sable sur les chemins, des cactus, et moins d’animaux sauvages comme j’ai pu en voir. Je m’éloigne de l’amazonie, et cela se ressent dans le paysage.

Le soir, nous récompensons notre marche par une bière locale du nom de Pilsen en ville. La surprise sur mon visage quand j’ai vu que les marchands vendaient tout le matériel nécessaire pour faire un bang .. je ne me suis pas encore habituée au fait que ce soit légal ahah. Venant de France, je vous assure que ça fait bizarre de trouver des bangs sur les marchés plutôt que des poulets rôtis ou des savons de Marseille😂 Dernier repas avec mon ami argentin. Le courant est tellement bien passé, que je prévois déjà d’aller à Mendoza quand je serai en Argentine! Et il sera le bienvenu chez moi s’il veut visiter la France. Le lendemain matin, encore une première aventure que je m’apprête à tenter.. le stop! Et quelle aventure! Après 45min de marche pour rejoindre la Ruta 9, en direction de Valizas, je me retrouve nez à nez avec deux jeunes hommes levant le pouce à l’endroit où j’avais prévu de me mettre. Je vais me présenter dans un espagnol approximatif. Ces deux Argentins me proposent de faire un roulement au bord de la route le pouce levé en plein soleil. J’accepte avec joie leur présence à mes côtés. C’est tellement plus rassurant de ne pas faire ça seule la première fois. J’ai laissé passer quelques voitures avant de me lancer, cette action, plutôt anodine en terme de mouvement, demande énormément de courage à réaliser. Lever le pouce, ça veut dire se laisser submerger par l’inconnu. Devenir dépendant de l’Autre. Accepter le temps qui passe.. et avoir une totale confiance en celui qui s’arrête. Nous patientons deux heures sur ce bord de route. Juan et Javier me proposent de manger avec eux et m’offrent un sandwich. Juan m’apprend à faire un bracelet brésilien et m’offre du fil. Que de gentillesse à mon égard! Les auto-stoppeurs défilent aussi sur notre place, et avec eux s’en va lentement l’espoir de trouver une voiture. Nous sommes 6 à lever le pouce au même endroit, deux encore devant à 100mètres et 4 derrière peut-être à 400mètres. Je comprends que cela puisse faire fuir les conducteurs! Je songe à partir avec mon sac, marcher quelques kilomètres et tenter ma chance plus loin. Juan me demande de rester, de m’appliquer à faire un joli bracelet pendant qu’il se charge de trouver une voiture. C’est son « tour de garde ». Et une voiture s’arrête, la première depuis deux heures! Un jeune ici depuis seulement 30minutes va la voir, mais Juan décide de prendre les choses en main! Je l’entend parler de moi, de ma destination pas trop loin, et du fait que je suis seule.. la tension est à son comble.. mon coup d’oeil incertain à Javier me donne un second coup de pouce. Mon acolyte du jour se lève lui aussi pour aller plaider ma cause. Ces deux jeunes hommes, qui m’ont offert le repas et de la compagnie, m’offrent désormais une voiture ! Sofia veut bien me prendre. Le fait que je sois une fille la rassure! Un rapide câlin à chacun d’eux et je m’envole pour mon premier contact d’auto-stoppeuse. La discussion est aisée, elle parle un peu anglais. Elle me dépose à Castillos et me permet d’avancer d’une trentaine de kilomètres. Je marche jusqu’à un coin d’ombre, pose mon barda et décide de profiter de cette bonne vibe pour trouver rapidement une voiture! Ni une ni deux, en 15minutes c’est plié, Patrizia m’ouvre sa porte!

Elle et sa fille vont à la plage à Agua Dulces, ce qui me permet d’avancer encore de 10 kilomètres. Je décide de me reposer un peu, il est 15h et encore seulement 10 kilomètres à accomplir. Malheureusement pour mes fesses, j’ai à peine le temps de m’asseoir qu’un vieux monsieur, dans sa voiture aussi vieille que lui, s’arrête sur le bas côté. Il s’appelle Russo, est musicien, habite à La Paloma et fait souvent ce trajet en voiture. Il me donne son numéro, et m’invite à passer boire le maté si je passe dans son village. Russo m’arrête à 4 kilomètres de ma destination du jour. La joie et l’ivresse de cette journée pleine de rebondissements et de rencontres me laissent sans voix. Je décide de marcher ces derniers kilomètres, en levant le pouce quand j’entends une voiture, on ne sait jamais! Et ça fonctionne ahah! Une jeune fille me permet de finir les deux derniers kilomètres en voiture et non à pied! J’arrive revigorée, et un peu fatiguée quand même, à un hostel nommé Nomades. Je trouve que pour le coup, ça sonne plutôt bien avec mon style de vie. J’avoue l’avoir choisi parmi la dizaine d’autres juste pour le nom☺Les prix sont corrects, et je paie pour deux nuits ici. Barra de Valizas est connu pour être un village de style hippies. Les habitations ne sont pas de première jeunesse. Les rues sont en terre ou en sable. Les panneaux d’indication n’existent pas. À mon grand étonnement, des gens se déplacent encore en calèche. Avec ses magasins en bois, ou aux toits de chaume, et ses rues poussiéreuses, Barra de Valizas me fait penser à un village western. Les rues sont bondées de gens qui, joint à la main, dreadlocks, crânes rasés et sarouels, vendent sur le bord de la route des objets fabrication maison. Des bijoux en bois ou en os, des sacs, du cuir, de la nourriture. Les chiens sont rois dans ces rues, les enfants aussi. Les commerçants d’un jour dorment toute la journée, et la vie s’éveille à partir de 18h. Tous se rassemblent pour fumer, boire un coup et manger ensemble sur de grandes tables de plusieurs mètres. La musique locale style jazz enivre les sens autant que les odeurs de nourriture. La vie y est paisible, et l’ambiance bon enfant! Mon plaisir durant ces deux jours n’aura pas été d’aller faire bronzette sur la plage la journée, mais plutôt de déambuler au gré de mes envies à la tombée de la nuit, seulement guidée par les embruns de bière et le son des instruments!

What the f*** Brasil !

Après presque 4 semaines passées dans ce grand pays, et m’apprêtant à le quitter pour son petit voisin l’Uruguay, l’heure du bilan à sonné..
Ce que je retiens? Ce qui m’a plu? Ce qui m’a déplu? Mes dépenses? Mes recommandations à moi même pour la suite..? Ahah c’est parti !

Commençons par les choses qui m’ont marquée, quelles soient bonnes ou mauvaises.. Le Brésil est un immense pays, qui je pense nécessiterait un an complet à lui seul pour en voir la totalité. Je me suis contrainte à rester dans l’état du Parana, d’autres pays attendent mon arrivée ☺
Le Brésil est un pays compliqué, en tous cas, c’est ce que j’ai ressenti à chaque fois que j’avais besoin de quelque chose, ou que je voulais faire quelque chose.. pourquoi?
Dès mon arrivée, la poisse m’est tombée dessus. Je me suis faite pirater mon téléphone à distance à l’aéroport de Sao Paulo, mon accès à mon adresse mail a été bloqué, et donc tout ce qui allait avec .. (mon accès à mes comptes Workaway, Couchsurfing, HelpX, Airbnb, Hostelworld.. tout ce qui est à peu près très important pour une backpackeuse .. ) j’ai bien sûr aussi perdu l’accès à tout ce dont je m’étais affiliée avec mon adresse mail (impôts, pôle emploi, comptes, paypal..) Et bien évidemment, impossible d’accéder à tout cela car quand j’allais sur les applications, elles ne reconnaissaient plus mon téléphone, faisaient un test de vérification via numéro de téléphone (que j’ai stoppé avant mon départ) ou adresse mail ( où mon mot de passe avait été changé). CHOUETTE ENTRÉE EN MATIÈRE! Impossible de la récupérer même en faisant les tests de reconnaissance sur Hotmail, je laisse tomber.. Deuxième tentative échouée, celle de la carte SIM locale.. ahhh quelle aventure ! Ayant choisi de partir sans forfait internet, j’avais acheté un petit téléphone trop mignon où l’idée était d’y plonger une carte sim locale pour envoyer des textos rassurants à tous mes proches ( beaucoup à mon papa surtout ☺) 💓 quand je serai sans Wifi pendant plusieurs jours.. juste histoire de dire « coucou je suis en vie » ! La vie en a décidé autrement, puisque cette foutue carte SIM n’a jamais voulu fonctionner! Pourquoi? J’en sais fichtre rien! Mais elle a mis mes nerfs à rude épreuve! J’ai dépensé 70reals en recharge de crédit dans le vent. Je n’ai jamais pu envoyer un seul sms ou appeler. Et puis un coup sur deux je recevais leur appel, mais cela changeait leur numéro ou me disait que le numéro était faux.. bref le réseau brésilien, un vrai bordel ! Je comprends pourquoi tous les locaux utilisent whatsapp même au sein du même pays ! C’est vraiment la merde.. pour de vrai! Même aidée par des locaux, on a jamais réussi à faire quelque chose, ils ne comprenaient pas non plus.. une histoire à s’arracher les cheveux.. espérons que l’Uruguay soit plus clément avec moi. Autre chose plutôt agaçante pour une étrangère.. l’existence du CPF. Le CPF c’est quoi? C’est un numéro attribué à chaque brésilien. Il est personnel, et sert de numéro d’identité. Seul problème, il est demandé partout, et ça m’a bien mis des bâtons dans les roues aussi. Déjà, j’achète une carte sim, mais je ne peux l’activer qu’avec un CPF (euuuuh ok? Et les étrangers ils font comment?) Rodrigo m’a donc prêté son CPF. Quand j’ai voulu changer mes euros en reals, on m’a posé des questions comme si j’étais en prison(mon adresse, mon téléphone, mon mail(gros LOL à ce moment là), mon métier (hein?!), et bien sûr, mon CPF). Rodrigo s’est encore porté garant.. mais whaaaat, je voulais juste changer de l’argent, pas ouvrir un compte au Brésil ^^ Et surtout, surtout, quand on voulait réserver des choses à l’avance, même avec notre carte étrangère, ils voulaient le CPF, donc impossible de booker des hostels ou des bus via internet.. pas facile le Brésil hein? Entre mon mail, ma carte SIM et ça, ya des moments ou j’avais envie de pleurer, et d’autres où j’avais envie de tout casser (oui je suis très calme comme fille). Le truc qui est dingue, c’est que ce numéro ils s’en servent partout.. achat Internet, téléphone, parking payant(?!), courses. Bref, on a pas vraiment l’impression d’être libres ici ahahah. Passons aux choses marquantes mais plus légères ☺ Ils mangent des pizzas salées avec du chocolat. Ils mangent aussi les avocats en dessert, avec du sucre, jamais comme nous avec de la mayonnaise ou en entrée. Il y a des dos d’âne PARTOUT. Franchement on se plaint des dos d’âne en plein village chez nous, mais on relativise sur les routes du Brésil. En ville, il y en a tous les 500mètres, des fois tous les kilomètres. Le plus impressionnant c’est qu’il y a aussi des dos d’âne sur les trois voies.. vous savez celles où on roule entre 80 et 100km/h.. Il y a aussi beaucoup de Stop, par contre c’est pas comme en France, les brésiliens ne s’arrêtent que s’il y a une voiture, sinon, ils font de jolis stop coulés ahah. On s’est fait surprendre aussi par le manque d’informations via les bus. C’est pourtant un mode de transport commun, mais soit il n’y a pas d’arrêt, soit il n’y a aucune info à l’arrêt sur le trajet ou la ligne qui y passe. Nous avons dû plusieurs fois demander aux locaux, qui nous indiquaient un carrefour comme lieu d’arrêt de bus. Et puis tu te plantes là sur le trottoir, et tu attends. Il y a aussi en ville, des motels. Je vous déconseille d’y aller pour une chambre, ces lieux sont ici pour le sexe, et les chambres se louent à l’heure. Dans le même style, on peut trouver des drive-in box.. ce sont des garages où pareil, vous payez à l’heure pour du sexe dans votre voiture, mais à l’abri des regards. Plus légèrement, j’ai remarqué l’amour inconditionnel des Brésiliens pour les selfies.. des selfies entre amis, des selfies en famille, des selfies devant les magnifiques endroits de la nature ( meuf t’as pas compris que ta tête gâche la beauté des chutes d’Iguacu là?), des selfies au milieu d’une église, posant fièrement devant l’hôtel ou devant la crèche( l’humain me fatigue). Le plus pénible à supporter a été pour moi aux chutes.. énormément de gens, on devait déjà faire la queue pour prendre une photo, et des gens se prenaient en selfie parfois pendant 10min. A une, à deux, à trois, de profil, de face, avec le téléphone d’une, et puis celui de l’autre, et celui de la troisième.. ahhhhhhh! Ce qui m’a fait beaucoup rire aussi, c’est l’amour qu’ils portent au maté. Ce thé qui se boit chaud dans un joli récipient en métal, avec une paille en métal. C’est très convivial, mais nous avons été surprises aux chutes par nos différences d’organisation. Pour une journée de 15km sous 34degrés, nous avions un sac a dos contenant eau fraiche, casquette, sandwich, et crème solaire. Et bien beaucoup(vraiment beaucoup), avaient seulement leur petite sacoche en cuir sur l’épaule, contenant un thermos d’eau chaude, et leur récipient à maté. Et ils buvaient ça à longueur de journée, adultes comme enfants. Pour ce qui est des choses qui m’ont mis du baume au cœur, il y a l’accueil et l’entraide. Les brésiliens aiment les étrangers. Plus d’une fois je me suis retrouvée à papoter avec des dames, des couples ou des serveurs car ils m’entendaient parler anglais ou français, ils venaient vers moi naturellement. « Ahh la France, Paris, les baguettes, les croissants, l’élégance, la séduction à la française, gentleman » voilà leur vision de notre pays! Je crois qu’ils ont gardé l’image d’il y a quelques décennies, où les hommes invitaient à danser, au lieu de t’accoster dans la rue avec un « t’es bonne, t’as un numéro ». C’est une image qui nous colle à la peau, et pour ces rencontres fugaces, j’ai pas voulu briser leur vision des français et les décevoir ahahah. Ce qui m’a marqué aussi, c’est que les gens aident naturellement, et avec bienveillance. À chaque fois que j’ai demandé mon chemin, on m’a aidé. Une jeune femme nous a même accompagné jusqu’à l’endroit désiré. Une autre, qui ne nous comprenait pas, ne s’est pas démonté, et à accosté tour à tour les gens qui passaient par là, pour chercher ensemble sur une carte l’endroit désiré. À un arrêt de bus, ils étaient trois à nous aider, sans se connaître à l’avance. L’une traduisant en portugais, l’autre sur googlemap avec son portable, et le troisième nous indiquant le chemin en anglais. C’est beau, la solidarité! C’est une belle leçon à prendre en compte, car ayant moi même déjà demandé mon chemin en France (oui je sais, je suis tout le temps perdue), je me suis fait soit remballée soit carrément ignorée plus souvent qu’aidée.. . La dernière belle leçon d’ouverture d’esprit, et je garde le plus beau pour la fin, et à tirer grâce à l’accueil brésilien. Je me suis sentie en famille grâce à Elaine, Dodi, Marco et tous les autres qui m’ont accueillie. Je me suis sentie aimée, en confiance aussi. Je les connaissais à peine, qu’ils m’ouvraient leur porte. C’est vous dire à quel point ça diffère de la France. Il y a deux jours, ils sont partis pour des vacances en Espagne, et bien ils m’ont carrément laissé leur appartement! J’ai eu les clés, j’étais comme chez moi ! C’est pas un peu fou ça?! Et pour Porto Alegre, Rodrigo m’a mis en contact avec une de ses amies y vivant, qui s’appelle Daiane. Sans m’avoir jamais vue, elle m’a laissé les clés de son appartement, sa voisine m’a ouvert à mon arrivée, alors que Daiane était au travail. Je suis entrée chez une inconnue comme ça! Dans sa maison! Elle ne m’avait jamais vue! Je pense qu’on a des leçons à tirer de ce genre de comportement. Posez vous la question. Laisseriez vous un inconnu entrer chez vous pendant que vous n’y êtes pas? Lui laisseriez vous les clés? Moi même je ne sais pas si j’aurai fait cela avant. Accueillir des gens oui, mais en étant présente certainement. Je pense que nous accordons trop d’importance au matériel. Nous avons peur du vol, car nous possédons beaucoup dans nos maisons. Grosse télé, ordinateur, parfois même argent. Mais eux accordent plus d’importance aux relations de confiance, qu’aux objets.
Une bonne dose d’humilité là encore.

Soit. Mon épique aventure au Brésil se termine ce soir. J’ai déjà beaucoup appris sur moi, sur les valeurs qui m’animent. J’ai compris que je voulais avant tout de l’humain, même si je loupe les sentiers touristiques de temps en temps. J’ai vu que je n’aimais vraiment pas les villes, et que je préférerais me retrouver en pleine nature pour respirer. Les villes m’oppressent. Pour ce qui est des dépenses, j’en suis à environ 500€. Ce qui est clairement TROP. Sachant que je n’ai payé seulement que 5 nuits sur 25jours. Et pour la nourriture pareil. Beaucoup trop de tourisme qui m’a vraiment coûté un bras en terme de trajets et d’entrées. C’était beau. Mais c’était trop pour moi. Je ne suis pas vacancière, je suis backpackeuse. C’est un choix de voyage délicat, mais c’est le mien. Les cocktails les doigts de pied en éventail attendront mes futures vacances. Là est tout l’intérêt de ce voyage. Et de ce fait, non, je ne suis pas en vacances ☺ mon budget est calculé pour un an, et ce genre de détour dans le portefeuille pourrait me faire avorter le voyage. De plus, ce n’est pas ce que je suis venue chercher ici. Je ne regrette rien, c’était vraiment chouette, mais j’ai l’intention de maintenir le cap sur mon projet initial.
Mes prochaines semaines seront donc animées par la solitude, le stop(enfin), les rencontres en tous lieux, et surtout, la confirmation ou non, de ma capacité à voyager seule sur le long terme. J’ai hâte, et j’ai peur aussi ! Les deux sentiments se mélangent, et ça donne l’excitation du voyage!
Souhaitez moi bonne chance, les prochains jours de solitude sont clairement redoutés ahahah.
Até logo,beijos !

Des kilomètres, et des litres d’eau.

Retour à Curitiba. Pas le temps de déballer nos affaires, nous repartons dans moins de 24h pour Foz do Iguaçu. En attendant notre bus, c’est avec Elaine, Dodi et Marco que nous passons notre soirée. Une soirée pleine de rires, d’échanges et de naturel. Nous sommes allées goûter les pizzas à croûte remplie de chocolat..aventure pour aventure..je suis aussi là pour tenter de nouvelles choses! Ma tête lorsque le mélange maïs/poulet/tomate/chocolat est entré dans ma bouche, restera dans les annales..pour eux comme pour moi!

Cette famille est tellement formidable avec nous, ils nous logent, nous aident quand nous rencontrons des difficultés, nous accompagnent et viennent nous rechercher à la gare.. ils donnent tellement que c’est avec un énorme pincement au cœur que je les quitterai.. Elaine est douce, mais avec un caractère très fort, elle sait où elle va, n’a pas peur de s’affirmer.. on dirait tellement moi! Dodi me fait penser à mon papa, avec 20ans de moins.. il nous conduit aux gares, s’assure que nous achetons les bons billets, nous envoie des messages pour nous demander comment se passent nos visites. Et Marco..un jeune homme de 14ans très intelligent, très intéressant, qui n’a pas peur de s’ouvrir aux inconnus et de venir discuter.. ça change des ados cloués à leur téléphone portable! Nous prenons le bus de nuit pour Foz do Iguaçu, 10h40 de trajet en mode « leito ». Siège totalement inclinable, repose pied afin d’être totalement allongées, distribution d’oreiller et de plaid, d’eau et de gâteaux.. WAOUH! Mieux que dans un avion! Merci le réseau routier du Brésil! Arrivées au petit matin, nous déposons nos gros backpacks à l’auberge de jeunesse, et c’est parti pour une journée bien chargée! Les chutes se trouvent sur trois pays, le Brésil, l’Argentine et le Paraguay.

Le premier jour se déroulera côté brésilien, le panorama est impressionnant.. le nombre de touristes aussi. J’aurai préféré être seule pour découvrir cet endroit, malheureusement le tourisme de masse fait perdre de son charme à la nature. Presque impossible d’avancer, et je vous dis pas pour prendre des photos.. fallait faire la queue! On en prend quand même plein la vue, surtout pour le côté sauvage. J’ai aperçu trois singes dans les arbres, de gros iguanes et bien sûr, beaucoup de coatis ☺

Après les chutes, nous nous dirigeons vers le Parc des Oiseaux. Un parc regroupant faune et flore locale, en liberté ou semi liberté. Des tas d’oiseaux colorés, jamais vus en France ou dans un zoo, des tas de plantes magnifiques, des grosses araignées, des crocodiles, de magnifiques papillons.. la nature me ravira toujours, c’est pour cela que je l’aime autant! Me retrouver plongée en son cœur, voir ses habitants, prendre conscience de notre petitesse par rapport à sa diversité. L’Homme a parfois tendance à oublier qu’il n’est pas seul à vivre sur Terre, mais elle nous le rappelle avec douceur..il suffit de savoir voir, et écouter.

Deuxième jour, nous nous attaquons au côté argentin. Passage sans soucis à la frontière, et 15km de marche plus tard, mes yeux et mon cœur sont tellement subjugués par ce décors que je n’ai plus les mots. La nature a tenu ses promesses de grandeur et de beauté. Les arbres sont d’un vert éblouissant, le ciel est d’un bleu fulgurant, l’eau, d’un blanc éclatant. C’est étourdissant, mais tellement reposant.

Un décors digne d’un film, juste devant mes yeux. Les gorges du diable sont vertigineuses, impressionnantes de part leur hauteur et les litres d’eau qui s’y jettent. On voit l’évaporation de l’eau à des centaines de mètres, tellement les courants sont forts. Merci mère nature, pour cela. Ça restera gravé à jamais dans ma mémoire, et dans mon cœur. Juste waouh. Je rentre apaisée par tant de beauté et de sérénité. Et de l’apaisement, il en faudra..car nos nuits à l’auberge ne seront pas aussi cools que celle à Bombinhas..! Hostel de fête, la musique battra son plein une bonne partie de la nuit, avec les chants et les cris des fêtards. Alexia en trouvera un entrain de vomir dans les toilettes, d’autres joueront allègrement dans la piscine comme s’il était 16h.. un autre encore entrera dans notre chambre pour s’installer dans un lit à 5h du matin..rappelons que nous avions pris une chambre réservées aux filles ahahahah.. merci les boules quies!

Retour sur Curitiba en bus, où là aussi, on ne sera pas au bout de nos surprises. Après deux bonnes heures de route, nous sommes à l’arrêt depuis 30minutes.. deux agents de la police fédérale montent, armés jusqu’aux dents, gilet par balle de compétition, grenade, menottes, matraque..la main déjà posée sur leur arme. Malheureusement pour nous, on ne comprend pas un mot de ce qu’ils disent, mais ils font tellement impression, qu’on n’ose pas leur demander de répéter. Ils se dirigent au fond du bus, nous pensons à un contrôle de routine..pas du tout! Ils ressortent avec un couple de brésilien, menottés. Contrôle d’identité, fouille au corps collés à la voiture, ça sent pas bon. Un agent remonte ensuite, j’ai juste compris « trafiquants », « beaucoup de drogue », « arrêtés », et.. « bon voyage à vous ». Ahahah! Un sacré souvenir de voyage, qui vaut toutes les babioles qu’on pourrait acheter dans les boutiques! Nos amis brésiliens étaient aussi choqués que nous, en 35ans de vie ici, ça ne leur est jamais arrivé! Comme dirait Marco, j’ai droit à tous les « clichés du Brésil » ahah. L’aventure! Après une très courte nuit de repos, nous reprenons nos baskets, direction Ilha do Mel.

Quelques heures de bus et un peu de bateau plus tard, nous voilà sur le précieux sésame. Île protégée, le nombre de touristes y est régulé. Ici pas de voiture, pas de grandes enseignes. Juste des logements chez les locaux et de petits échoppes aux toits de paille. La connexion à la nature y est totale. Le sentiment de liberté aussi. Des kilomètres de plages presque désertes, une jungle omniprésente mais accueillante, et des points de vue à couper le souffle. On y a passé 24h, c’est trop court, mais extrêmement ressourçant. Des baignades, des yeux remplis d’étoiles, des randos sous un soleil de plomb et des rires à perte de vue. Une marche de 14km pour ma part, reliant les deux uniques « villes » de l’île. Il faisait chaud, mais rien ne m’arrêtait. Je reprenais mon souffle juste en admirant la beauté de l’île.

Seule avec moi même pendant 3h, j’ai pu me laisser porter par le calme, la découverte, la joie des rencontres fugaces mais inoubliables. J’ai pu admirer un iguane se balader à quelques mètres de moi en forêt. J’ai pu discuter avec un couple qui m’a prêté un coin d’ombre sur la plage. J’ai pu sourire à chaque fois que ma route croisait celle d’un papillon. Seule dans l’eau, l’océan me balançait avec douceur. J’étais entourée par la jungle. Mes yeux ne savaient où se poser. Le ciel était si clair, l’eau si limpide, la forêt si intense.. quand je m’extasiais trop longtemps devant cette dernière, l’océan m’envoyait une vague un peu plus forte, comme pour me faire comprendre que lui aussi, regorgeait de beauté.

J’ai aussi réussi à dépasser ma peur de l’eau pour un bain de minuit, sans être pour autant rassurée. Toujours sur mes gardes, Alexia a voulu me faire une blague en faisant mine d’avoir été frôlée par quelque chose.. je vous assure que j’étais sur le sable en quelques secondes.. jusqu’à ce que je comprenne la supercherie vu le fou rire qu’elle a eu ! Elle m’a renommée Usain Bolt. Je n’y suis quand même pas retournée ahah. Ça aurait été trop pour mon petit cœur. Une dose de courage à la fois! 😉
Retour de ce petit havre de paix difficile à quitter.. je reviendrai, je me le suis promis. Mais je ne reviendrai pas seule 💙
C’est la dernière soirée d’Alexia. Pour l’occasion, nous nous retrouvons tous au Hard rock Café de Curitiba. Malheureusement pour nous, nous sortons à peine du bus, et nous arrivons en tong, short de marche et gros pull. Les entrées sont contrôlées, les femmes sont pour la plupart en robes et talons. Une brève explication sur nos conditions de voyage, et le précieux « elles sont françaises », nous ouvrent les portes du bar. Le serveur est des plus contents de pouvoir « pratiquer » son anglais avec moi. Une soirée entre amis des plus réjouissante.

Alexia repart la peau bien bronzée, les yeux remplis d’images et le cœur de nouvelles rencontres. Merci pour ta venue à mes côtés. Place maintenant à la solitude! Un peu de repos avant de repartir, pour un nouveau pays. A bientôt, pour de nouvelles aventures!

Du sable fin, et du soleil.

Notre première semaine de trip avec Alexia et Rodrigo était prévue le long de la côte, en descendant au fur et à mesure. Les deux premiers jours, nous sommes retournés à Morretes, qu’Alexia n’avait encore pas eu la chance de découvrir. C’était plutôt calme, pas de grosses visites, mais des siestes interminables et des jeux de cartes. Ma première lessive- à la main- a mis deux jours à sécher tellement l’air était saturé en humidité. Il faut dire qu’il a beaucoup plu ces jours-ci, et que le fait d’être entourés de végétation dense n’aide pas. Il est 6h du matin, les yeux s’ouvrent difficilement. D’autant plus que je me bats contre l’imminente venue d’un orgelet sur mon œil droit. Merci Alexia et sa trousse a pharmacie de guerrière. Cette fille est mieux équipée que moi ahahah! On se prépare pour une randonnée de 3h dans les montagnes afin de découvrir une cascade nommée Salto dos macacos. Baskets, anti moustique, bananes et motivation sont au rendez-vous. On nous a prévenu de la dureté du trek, puisqu’il faut traverser les courants avec de l’eau jusqu’aux hanches, et que c’est en montée franche pendant toute la durée de celui-ci. La route qui mène au départ me donne l’envie de faire demi tour, à peine la place pour la voiture, et bien sûr le fossé est de mon côté. Mon vertige fait des siennes. Je ferme les yeux et essaie de penser à quelque chose de plus agréable que le vide à ma droite. Nous traversons la forêt, humidifiée par la rosée du matin…qui s’apparente plus à une grosse pluie qu’à une rosée. Arrivés au poste de secours (ou nous donnons nos noms si jamais on disparaît), le garde forestier nous interdit l’accès.. le niveau de l’eau est ok pour l’aller mais ils prévoient de la pluie , et nous risquerions d’être coincés pour le retour. La déception se fait sentir parmi les filles, mais Rodrigo ne veut pas prendre le risque. Nous assurons quand même une ballade d’une dizaine de minutes sur un petit chemin bordé d’arbres immenses. On est au cœur du sauvage, les arbres nous laissent à peine de quoi passer, les troncs s’ entremêlent et les bruits d’animaux s’amplifient. Qu’il est bon d’entendre tous ces oiseaux chanter..j’ai l’impression d’être aussi libre qu’eux à cet instant. Un énorme papillon noir et orange croise notre route. J’en ai vu, des papillons, depuis que je suis arrivée.. ça fait tellement plaisir de voir ces magnifiques ailes colorées voler autour de nous. Il faut dire que les papillons, on en voit de moins en moins par chez nous.. Puis nous nous enfonçons dans la forêt. <<Attention au serpent>> nous dit Rodrigo. J’ai plus peur des araignées que je pourrais ramasser en frôlant les arbres que des serpents! Ce chemin nous mène à une place où de grosses pierres tentent en vain de bloquer la descente de l’eau. Nous nous asseyons là, au milieu de ce vacarme étourdissant, mais reposant, de l’eau en mouvement. C’est beau. Et tellement pur, qu’on retient même notre souffle de peur de déranger la nature.

Nous descendons ensuite sur Itapõa. C’est la première fois que je vais voir la plage, on dirait une enfant à DisneyLand! Des amis nous accueillent encore pour la nuit, nous mangeons tous ensemble, profitons de la piscine. Puis direction la plage.. le soleil fait briller le sable, on dirait de l’or.. les vagues sont bien présentes, la baignade est interdite. Ça ne nous empêchera pas d’y aller, et de rire aux éclats à chaque fois qu’une vague réussi à nous faire basculer. Une enfant je vous dis 😁 Nous avons beaucoup discuté avec Elaine, j’aime beaucoup Elaine, sa douceur, ses attentions, sa patience quand je ne comprends pas, et toutes ces choses qui font qu’on se ressemble. La journée se termine sur un partage de mots et phrases en français pour les enfants et en portugais pour nous. Une bien belle journée, même si j’ai bien failli perdre le bras gauche et que je ne l’ai pas senti pendant les deux jours suivants 😐 Les journées s’enchaînent mais ne se ressemblent pas, départ matinal pour Bombinhas. Ce sera ma première expérience d’auberge de jeunesse, j’ai hâte! Nous profitons des belles plages de cette petite ville et du soleil. Même si mère Nature a décidé de se pointer au milieu de ma rando ce jour là, et qu’on s’est pris une vague qui a tout trempé pendant la sieste sur une des plages, c’était une magnifique journée, et notre soirée dans l’auberge y est pour beaucoup. Un argentin nous a invité pour le dîner, nous avons fait la connaissance des filles de notre chambre. Elles nous ont offert de la caïpirinha, l’Argentin de la viande au barbecue. Malgré notre manque de vocabulaire en portugais, tous sont venus nous parler. Nous avons rencontrés des Brésiliens, deux Argentins dont un avec qui j’ai parlé italien (allez comprendre ahah), des uruguayens et un équatorien avec qui nous avons bu du matté. Il y avait même un atelier tatouage au milieu de la salle commune!

Je vous avoue que ça m’a démangé une bonne demie heure, mais je me suis raisonnée.. soleil et tatouage ne font pas bon ménage! Une soirée parfaite, avant de repartir au matin pour Florianopolis.. quelques heures de route plus tard nous arrivons dans notre Airbnb, magnifique maison en hauteur alliant avec goût bambou et pierres apparentes..petite visite de la ville et des environs..

Mon coup de cœur de cette semaine s’arrêtera sur Bombinhas, pour le panorama magnifique, et l’ambiance de la soirée! Une bonne semaine qui se termine.. place à la suivante!
Você sabia?
1)la vie n’est pas chère pour manger si on évite les restaurants: à Bombinhas, j’ai payé 10Reals(environ 2,5€) pour deux hot dog, un coca et deux bouteilles d’eau.. tout ça à 200m de la plage
2) Écureuil se dit Esquilo (ça sert à rien mais c’est mignon)
3) Pour sortir des parkings, pas besoin de mettre le tickets payés dans la machine, ici on scanne le code bar
4) J’aime beaucoup cette musique découverte ici: ben roots- preconceito
5) J’ai découvert le paçoquita (douceur d’amande ), une espèce de rectangle ayant la consistante des biscuits secs qui sont trop vieux et qui s’effritent dans les doigts(vous voyez?), ces gâteaux un peu mous qui ne devraient pas l’être. Le goût est merveilleux, exactement le même que nos amandes grillées sur nos fêtes foraines. Un délice pour les papilles, et pour mes souvenirs.. je mange toujours des amandes grillées pendant les fêtes foraines avec mon papa.. on adore tous les deux ça. Je suis passée de la banquette arrière de la voiture à mon enfance en 2secondes. Une merveille.

6)Il y a beaucoup de chiens errants un peu partour, qui sont amaigris, sales, avec des puces ou des blessures. Par contre, les chiens de compagnie sont chouchoutés: douche, poils lustrés, cravate autour du cou ou noeud papillon sur les oreilles. J’ai même aperçu du conditionner pour chien dans une douche. De vrais petits rois 🙂 le décalage entre les deux est donc assez flagrant.

Une bonne journée à vous tous. Beijos!

Feliz ano novo !

Cela fait à peine une semaine que je suis arrivée au Brésil, et j’ai pourtant cette impression d’y être depuis plus longtemps tellement j’ai vécu de choses ! Le vol a été long jusqu’à Sao Paulo, j’avais dans la gorge l’amertume des larmes lâchées devant la porte d’embarquement à Orly. 12heures.. 12heures pour se remémorer les adieux familiaux difficiles..12h pour remettre en question cette décision de voyage..12h pour se poser tout un tas de questions amenées par la partie rationnelle de mon cerveau..croyez moi, 12h c’est VRAIMENT long. Une fois à Sao Paulo, une douche chaude et un lit douillet auront raison de mes doutes. Après quelques heures de sommeil, c’est reparti pour un autre vol, direction Curitiba, la ville de Rodriguo. Rodriguo m’attend avec impatience, cela fait une année qu’on ne s’est pas vus, et j’avoue que pour mon débarquement sur ce continent, voir une tête connue est des plus rassurant. J’ai donc passé cette semaine avec Rodriguo, sa grand-mère, et ses amis. Pour la nouvelle année, nous sommes allés à Morretes, petite ville enclavée dans les montagnes(photo), avec deux couples d’amis et leurs enfants. La claque du sentiment de l’étranger est arrivée sans que je m’en rende compte. Même si je connais ce brésilien, ce n’est pas mon pays, ce ne sont pas mes habitudes, ce n’est pas ma langue. Ce que je cherchais avec ce voyage était là, et ma conscience française ne l’a pas accueillie comme j’aurai pu l’imaginer!

Très contente d’être acceptée comme un membre à part entier de leur famille, les doutes ne cessaient de m’envahir. Au milieu des montagnes , sous 34degrés dans la piscine le soir de nouvel an, je ne pouvais m’empêcher de songer à mes proches, à la distance et à la dureté de ce voyage. Pour la première fois depuis que ce projet est mis en route, j’ai ressenti la peur. La peur d’être seule, la peur de ne pas aimer, la peur de ne pas me sentir à ma place, la peur de m’être trompée. Cette peur ne m’a pas lâché pendant les trois premiers jours, elle revenait incessamment me titiller, comme si elle essayait de me prouver que j’avais eu tord de partir. Bien heureusement, avec le soutien de mes proches, j’ai réussi à la mettre de côté, elle reviendra bien assez tôt!

Cette première semaine a donc été riche en émotions, partagées ou personnelles ! Ces brésiliens qui m’ont accueillie dans leur maison ont été mon pilier. Ils n’ont pas l’habitude de voir des étrangers, c’est même pour certains, la première fois. Ils m’ont ouvert les portes de leur vie et de leur cœur,m’ont fait goûter

un tas de spécialités (le pão de queijo est ma préférée) , m’ont montré leur quartier et leur vue préférée avec une immense fierté. C’est comme si ma venue était aussi importante pour eux que pour moi ! Je mixe entre 4 langues, anglais/francais/espagnol/portugais, ils sont tellement contents de m’entendre parler ces langues qu’ils me demandent sans cesse des cours, des traductions, des exemples. Ils m’apprennent le portugais, me parlent comme si j’étais née avec cette langue , j’avoue que les débuts ont été difficiles, je pense en anglais, réponds en portugais.. et j’en perds mon français! On m’a demandé comment cet objet qui vole grâce à une ficelle s’appelait, j’ai mis une demie heure à retrouver cerf-volant. On m’a demandé le nom du président français,j’ai été dans l’incapacité de répondre.. merci Google 🙂

Le premier jour à Morretes, un serpent d’un mètre de long se baladait tranquillement dans le jardin, nous avons dû rentrer le chien, qui avait tapé dans l’œil de ce joli serpent jaune et noir. Nous l’avons ensuite observé gober une grenouille pendant une trentaine de minutes. Deux heures après, c’était un énorme lézard, de la taille d’un caméléon, qui faisait son apparition sur la terrasse! Puis plus tard, ils m’ont appris qu’ils avaient dû tuer un jaguar il y a de cela quelques mois, car il était venu s’attaquer aux portes de la maison, pour là aussi, manger le chien.. bienvenue au Brésil! Un point de culture maintenant!

Vous saviez que..? :

1)les douches sont électriques,les fils sortent du mur pour aller se brancher au pommeau.. attention au coups de jus! / 2)il n’y a pas de station de traitement de eaux.. le papier toilette se met donc dans la poubelle, et non pas dans les toilettes/ 3) j’ai appris la samba le soir de nouvel an/ 4)on mange 4fois par jour, et jamais juste des petites choses légères../5) les brésiliens ne boivent pas ou très peu d’eau pendant les repas, les sodas et jus de fruits sont les convives les plus appréciés/ 6) le signe pour dire que c’est ok en france( pouce et index qui se touchent et le reste des doigts en l’air) est une insulte ici, comme le doigt d’honneur..

Avant de le savoir, j’ai du le faire une trentaine de fois, pour dire que la nourriture était bonne, quand je gagnais au ping-pong ou quand je disais que le paysage était joli..

Enjoy , et bienvenue au Brésil !

« Mais comment tu vas faire si les gens ne te comprennent pas? »

Mardi 11 au matin, j’ai fait un bond en arrière en mettant les pieds dans l’école primaire et maternelle de mon village natal! Je suis retournée auprès d’une de mes anciennes maîtresses, et de sa classe de CE1 actuelle. 

Ma rencontre avec cette classe d’une vingtaine d’élèves n’avait pas pour seul but de me rappeler les doux souvenirs de mon enfance. Cette visite était l’occasion de rencontrer mes futurs lecteurs, et de leur expliquer notre lien à venir pour leur année scolaire. En effet, j’ai proposé à cette classe de me suivre tout au long de mon périple, grâce aux courriers manuscrits que je leur enverrai, grâce aux emails qu’ils m’enverront ensemble pour y répondre et grâce à ce blog où ils pourront mettre des images sur mes mots. 

Je n’ai pas pour vocation que ce voyage soit suivi par des milliers de personnes sur le net, mais inclure les enfants de mon village me tenait à cœur. Les enfants sont la représentation de notre future société, de nos futurs agissements les uns envers les autres, de notre avenir commun tout simplement! Il me semble important, pendant que leur esprit est encore pur de toutes critiques, de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls sur cette planète, et qu’on peut tous y vivre en harmonie. C’est un fait, les enfants sont formidables de par leur façon de voir les choses, grâce à leur innocence envers chacun, peu importe la couleur de peau, la religion, la langue ou le physique! Les enfants ne se mettent pas de barrières les uns entre les autres, ils ont la sagesse de s’accepter et de se respecter. Pourquoi cela se perd il ? La pression mise pendant les études pour devenir le meilleur? Cette pression, exercée toujours plus fort dans le milieu du travail, qui poussent les gens à oublier qu’ils sont humains? Cette pression sociale qui te dicte de quelle façon tu dois t’habiller, de quelle façon tu dois te maquiller, quel poids tu dois faire ou quel téléphone portable tu dois avoir entre tes mains. (Merci la télévision et internet). Plus le temps passe, plus j’ai l’impression que cette pression s’exerce de plus en plus jeune. C’est pour cela que partager avec des enfants qui ont environ 7 ans me semblait être le bon moment, puisqu’à cet âge, ils ont la capacité de comprendre mon projet, tout en ayant encore leur bienveillance naturelle. Je leur ai donc tout naturellement expliqué pendant une petite heure mon souhait de voyage, mon envie d’humanitaire et d’entraide, mon trajet en citant chaque pays que je traverserai et ma vision de la vie. Je leur ai expliqué que nous échangerons ensemble pendant toute cette année, pour qu’ils apprennent quelques coutumes et informations sur chaque pays, mais surtout, que ma mission première envers eux sera de leur expliquer comment les enfants dans ces pays accèdent à l’éducation, le matériel qu’ils ont pour cela et leur façon d’apprendre. Montrer qu’au 21ème siècle, tous ne vivent pas pareil, tous n’ont pas les mêmes moyens, les mêmes facilités. Beaucoup d’adultes dans les pays développés n’ont pas conscience des différences que l’on trouve ailleurs. Beaucoup pensent que les gens vivent comme eux, qu’ils soient en Mongolie, en Afrique ou au Pérou. Cette prise de conscience n’est pas collective, et la façon la plus douce pour moi de l’amener, est par le biais de notre avenir … les enfants!  La plus belle façon de changer les consciences et les mentalités, c’est par l’éducation et la culture. 

Est venue ensuite une séance très drôle de questions de la part des enfants. Nous avons énumérés pas mal d’animaux que je pourrai rencontrer. Je les ai rassurés sur le fait que oui, il y avait des gros cailloux gris là-bas sur lesquels je pourrai m’asseoir si jamais j’étais fatiguée. Que oui , les gens me prêteraient sûrement leur canapé. Que oui, même si on ne parlait pas la même langue, j’arriverai à trouver à manger quand j’aurai faim. Que oui, des fois je me reposerai. Que non, tous n’avaient pas la télé.. Et que oui, tous les gens sont gentils, même s’ils sont différents de nous. Les enfants sont formidables, vous dis-je.. il faut réussir à éveiller leur conscience sans perdre de vue leur innocence et leur gentillesse. C’est cela qui sauvera les relations humaines. 

Ils m’ont ensuite souhaité « bon vol », « bon voyage », « bonne marche », « bon changement », »bonne année » et surtout, « bonne rencontre! » . 

Bonne rencontre avec l’Amérique du Sud aussi, et à bientôt les enfants! 

Moi folle?! Ahahah

Vous vous doutez bien, que de part cette décision de voyage, je me suis confrontée à un tas de commentaires, allant des plus sympas, aux plus désobligeants.

Il y a bien sûr, les gens qui m’encouragent de tout cœur, avec une honnête sympathie, à « faire ce que je dois faire ». 

Il y a ceux qui n’ont pas d’avis, à qui, comme cela ne changera pas la vie, n’y voient ni avantages ni inconvénients.

Il y a ceux qui ne comprennent pas cette décision, par peur de l’inconnu ou par total manque de compréhension du monde qui les entoure.

Et il y a ceux qui ne comprennent pas cette décision, parce que je suis « folle », et ceux là, par rapport à tous ceux cités plus haut, sont ceux généralement qui donnent leur avis, même s’il n’est pas demandé. Ils sont les plus dangereux, car ils nous voient totalement différents d’eux, et la différence les effraie. Cette dernière catégorie est la plus redoutée par tous ceux qui décident de vivre « différemment ».  Pas parce que leur avis pourraient nous faire,nous, changer de projet, mais plutôt parce que leur vision atteint à notre liberté. Je peux vous dire que depuis que j’ai choisi de partir, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres. << Partir? Mais pourquoi? Tu avais un CDI, un appartement, et une vie de couple!>> / <<Partir seule en étant une fille, ce n’est pas de l’aventure, c’est de l’inconscience>>/ <<Que feras tu en rentrant?! As tu pensé à ta retraite?>> / <<Tu as 25ans, c’est plutôt l’âge où on pense à fonder une famille>> / << Quand tu rentreras de tes vacances, il faudra bien que tu penses à ton avenir>>/<< Je me demande bien ce que cela peut t’apporter de mieux qu’ici>>

Et bien justement.. puisque vous demandez, en fait, cela m’apporte tellement plus! Cette décision, c’est le fruit d’années de réflexion, sur ma place dans la société, sur mon réel impact dans ce monde, sur ce que je peux apporter de concret pour le bonheur des autres, et pour mon propre bonheur. Effectivement, j’ai quitté une place bien au chaud dans une vie aseptisée, j’ai troqué mon confort contre un sac à dos, je quitte ma bulle de sécurité pour m’ouvrir vers l’inconnu. C’est justement ce qui me fait vibrer, l’inconnu, ce qui me fait me sentir vivante! C’est un saut dans le vide que je m’apprête à faire, mais ne vous inquiétez pas, je ne saute pas sans filets. J’attends tellement plus de la vie que ce qu’elle m’offrait avant. Chaque personne est différente, et si pour certains, le confort matériel et le sentiment de sécurité qu’amène un travail stable et une maison leur procure du bonheur, chez moi, c’est plutôt l’inverse. Je rêve de rencontres, de voyages, de découvertes, qu’elles soient culinaires, spirituelles, personnelles, humaines, bonnes ou mauvaise, mais qu’elles soient dépaysantes, non d’une pipe! Je rêve d’une vie où je m’épanouis à tendre la main vers l’Autre, où je n’ai pas peur de partager, de rire, de rencontrer, d’apprendre toujours plus et d’ouvrir mon esprit et mon cœur! Alors mon avenir vous voyez, j’y pense, j’y pense tellement fort que je pars pour cela. Je pars pour ne pas me réveiller à  50 ans à dire que je n’ai fait que travailler pour payer ce dont j’avais besoin pour « vivoter ». Je pars parce que je ne vois pas d’avenir sans aller vers l’Autre. Je pars parce que j’ai envie de me sentir utile, et cette société individualiste dans laquelle on grandit, ne te fait pas te sentir utile. J’aime assez la vie et les gens pour avoir foi en l’humain, pour croire que la bonté est toujours là, que la gentillesse n’est pas une façade chez certains mais plutôt une vision de la vie. 

Cette décision est personnelle et profondément réfléchie, et peu importe ce qu’on peut me dire, heureusement, cela ne me fait pas changer d’avis. Au début, c’est toujours dur d’entendre ce genre de commentaires, et puis au final, on sait au fond de nous pourquoi on le fait, et plus les commentaires passent, et plus notre volonté s’endurcit. Prouver que notre choix est le bon pour NOUS, je n’ai pas la prétention d’affirmer que tout le monde serait heureux dans la vie que je me suis choisie. Prouver que le monde n’est pas aussi moche qu’à travers nos écrans et nos journaux télévisés. Prouver qu’il est encore temps de se battre pour les relations humaines. Prouver que l’individualisme de nos sociétés n’est pas la solution.. 

La deuxième raison d’un choix de vie comme cela de ma part, est parce que j’ai envie de me sentir étrangère. Dans ce monde, les gens fuient leur pays pour diverses raisons- travail, guerre, famine, peur, pas de liberté d’expression- et arrivent complètement seuls et perdus dans nos beaux pays « riches ». On a quand même la chance de choisir nos avenirs, de pouvoir nous acheter des choses matérielles dont on a pas vraiment l’utilité, où d’avoir assez de libertés pour clamer haut et forts nos pensées. Il faut savoir apprécier ces petites choses dont on a même pas conscience et qui pourtant font de nous des privilégiés par rapport à d’autres. Et bien même si ces gens fuient pour des raisons totalement compréhensibles, quand ils arrivent chez nous, l’accueil n’est pas forcément très cordial. C’est aussi pour cela que je pars, pour vivre cette sensation d’être un étranger, de devoir m’adapter aux mœurs locales, aux langues, aux façons de vivre et de penser d’autres pays. N’oublions pas que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, et que l’humilité est une valeur encore gratuite !  A consommer sans modération 😉 

Alors, à tous ceux qui commentent ma décision, avec bienveillance ou non, je vous souhaite juste d’être heureux aux places que vous vous êtes choisies, et de me laisser être heureuse à la mienne! 

Avec amour et bienveillance, vivez à fond, et laissez vous emporter par la magie de la Vie.

Pourquoi?

Un petit article pour débuter ce blog, afin de vous expliquer, à vous qui me lisez, à quoi il servira..

Un projet voit enfin le jour pour moi, celui d’un voyage ailleurs, sur un autre continent, pour une durée minimum d’un an. Cela fait quelques années que j’y songe, que je le répète aux gens qui veulent bien m’écouter, que je le rêve aussi.. 

Il est enfin à portée de main , ou plutôt d’avion! 

Mon billet est pris, direction le Brésil le 29 décembre 2018. 

Ce blog a pour unique but de garder un lien avec mes amis et ma famille, pouvoir donner des nouvelles et partager des photos. Vous faire vivre, en quelque sorte, un petit peu de mon aventure. En effet, je pars avec le strict minimum niveau matériel, et ce blog fera le lien entre nous. 

Il est évidement logique qu’il sera alimenté quand j’en aurai l’opportunité, quand on me prêtera un ordinateur et que je trouverai du wifi! 

Ce blog sert aussi de lien pour un projet pédagogique mis en place avec l’école primaire de mon village, mais un article rien que sur cela sera posté afin de tout expliquer.

Vous qui me suivez, je vous dis bon voyage !